Après « La fille du 14 juillet », film sélectionné au festival de Cannes 2013 puis « La loi de la jungle », classé dans le Top 10 de 2016 des Cahiers du cinéma, Antonin Peretjatko récidive avec « La pièce rapportée ». Présentée cet été au festival d’Angoulême, cette comédie rafraîchissante sera visible en salles à partir du 10 février.

Le trublion du cinéma français continue de bousculer joyeusement les codes et les genres pour notre plus grand plaisir. Cerise sur le gâteau, sa dernière fantaisie pelliculée est servie par un casting plutôt alléchant.

L’histoire est adaptée d’une nouvelle de la dramaturge Noëlle Renaude.

Un quadragénaire (Philippe Katerine), qui réside dans un quartier chic de Paris, épouse une jeune employée de la RATP (Anaïs Demoustier). Mais sa mère (Josiane Balasko) est persuadée qu’elle trompe son fils, d’autant qu’un homme lui tourne autour (William Lebghill).

La pièce rapportée est une histoire faite pour durer 1 h 25, donc vraiment adaptée au format long métrage. J’ai choisi Josiane Balasko parce qu’il nous fallait une comédienne âgée et comique et qu’il n’y en a pas beaucoup. Je savais aussi qu’elle pouvait aller très loin dans le jeu, l’outrance, mais aussi la retenue. C’est une grande actrice, qui a une palette assez gigantesque dans son potentiel de jeu.

Clin d’oeil de cinéphile  

Depuis sa sortie de l’école Louis-Lumière, Antonin n’a jamais cessé de tourner des courts métrages, genre qu’il affectionne particulièrement. Il en a réalisé une dizaine depuis 1998 dans lesquels il exprime une joie de vivre féroce et irrévérencieuse, épinglant au passage les clichés de notre société pour mieux les ridiculiser.

Le long métrage était donc une suite logique pour celui qui, véritable cinéphile, aime jongler avec les styles et décocher au passage un clin d’œil à Tati, Godard et Blier, mais aussi à Philippe de Broca, Patrice Leconte ou Claude Zidi. Dans ses films qui décoiffent, souffle toujours un vent de fraîcheur bienvenu.

Antonin Peretjatko, notre Monty Python hexagonal – Jacques Morice, Télérama, 08/05/2018

Amoureux des salles obscures

A la fin du confinement, trop heureux de saluer la réouverture des salles de cinéma, le 22 juin, Antonin avait ressorti sa vieille caméra Bolex pour tourner en 16 mm argentique un court métrage de 3 minutes au coeur de Paris : « Les rendez-vous lumineux ».